2020 1959 de carbone 81 T de carbone 78 T de carbone 50 T Les débris végétaux s'étalent sur le sol, for-ment des litières (couches de matières orga-niques fraîches) qui se décomposent au fil du temps plus ou moins rapidement selon la zone climatique et se transforment en humus sous l’action des organismes et micro-organismes vivants dans le sol: bactéries, champignons, acariens, vers de terre, mulots, taupes, etc. Sans haie en pourtour ou arbre au milieu, régulièrement labouré, le sol est compact, craquelé, sans structure. Il n’y a aucune vie biolo-gique apparente: pas de vers de terre, d’oiseaux, d’insectes, rien! Si un sol peut être en bonne santé, il peut aussi être en petite forme?Pour être fixé, rien de tel que l’observation et les travaux pratiques.Comparons par exemple deux sols: Sachant cela, comment sait-on qu’un sol est en bonne santé? UNE forêt UN CHAMP nu Des sols contre l’érosion ou les inondationsSous l’effet du travail des organismes qui l’habitent, les sols s’aèrent et s’agrègent. Certains champignons, les mycorhizes, produisent une sorte de « colle » qui permet au sol de se tenir, limitant ainsi les phénomènes d’érosion. Aérés par ceux qui le peuplent, comme les vers de terre, les sols sont aussi mieux armés pour absorber les pluies ou les eaux. À l’inverse, un seul coup de charrue et tout est dépeuplé. Autrement dit, la technique de labourage des sols détruit la vie sur son passage et donc en accélère l’érosion. couche humifère A couche médiane B transition avecla roche sous-jacente. C de notre alimentation provient des sols Amélioration de la qualité de l’eau 2 Dans les sols vivants et structurés, l’eau est filtrée et stockée.Certains micro-organismes dégradent les polluants et participent à ce que l’eau que l’on boit soit de meilleure qualité. Perturber leur habitat, c’est donc risquer de devoir dire:« Fontaine, je ne peux plus boirede ton eau. » Un sol en bonne santé est fertile, capable de nourrir les plantes qui nous nourrissent. 95 % Les arbres et les plantes produisent de la matière organique (feuilles, bois) qui vient se déposer sur le sol. produire macrofaune bactéries champignons Une alimentation saine 1 de la biodiversité mondiale serait contenue dans les sols. 1/4 Plus largement, l’observation doit se passer sur 2 niveaux. D’abord en surface, puis dans les sols. En tant que jardinier en herbe ou gastronome averti, la bonne question à se poser est: oui non On devrait observer un sol grouillant, habité. On peut considérer qu’il y a urgence à agir, soit à adapter nos pratiques et à faire une agriculture qui préserve la biodiversité et l’environnement. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que le sol est l’un des écosystèmes les plus complexes et l’un des habitats les plus diversifiés sur Terre. Il abrite l’une des plus fortes concentrations d’organismes vivants. En bon état, un sol contient une population de vers de terre par m2. 200 à 400 Eau filtrée Nappes phréatiques Eau de pluie Marc-André Selosse On ne connaît pas encore toute l’étendue de la richesse microbienne des sols. Si nous avons déjà su en puiser des ressources incroyables comme la pénicilline, qui sait quels usages nous pourrons en extraire demain! « » Réservoir de biodiversité 3 Le sol est un puits sans fond de nouvelles connaissances. Selon la FAO, il existe plus d’organismes vivants dans une cuillère à soupe de sol sain que de personnes sur Terre. Pour le moment, nous ne connaissons que: En effet, la pénicilline est produite par une moisissure. Il s’agit ici du Pénicillium chrysogenum, un micro-organisme du sol qui sert aujourd’hui à la production industrielle de cet antibiotique. deschampignons 1 % desacariens 4 % desinvertébrés 80 % Lutte contre le dérèglement climatique 4 de la mer 5 % de carbone qui sont stockées en moyenne pour les sols cultivés en agrcologie, en maximisant la production de biomasse. Ce sont 1 260 T D’où l’importance de sols que l’on doit préserver à tout prix par l’amélioration de nos pratiques agricoles et une couverture végétale la plus intense possible! La France est notamment engagée dans l’initiative « 4 pour 1 000 » qui vise à accroître la teneur en matière organique des sols et la séquestration du carbone à travers des pratiques agricoles adaptées. plus de carbonesont contenus dans les sols que dans l’atmosphère. Grâce à l’absorption de CO₂ par les végétaux qui les couvrent, les sols jouent un rôle important dans la régulation du climat. Ils constituent une réserve considérable de carbone sous forme de matières organiques. Reconnexion au vivant 5 La circulation automobile, les bassins miniers ou industriels peuvent, par exemple, participer à accroître les taux de plomb dans les sols, modifiant durablement leur structure. L’épandage de déchets des zones où les réglementations sont peu contraignantes peut contaminer les sols durablement. Plus largement, toutes nos activités humaines Pour bien manger, on regarde où on met les pieds La fin du monde annoncée pour 2012 par les Mayas n’étant pas survenue, on pensait avoir le droit à quelques siècles de répit. C’était sans compter les rapports du Giec qui se multiplient pour nous rappeler la pente glissante sur laquelle l’humanité est engagée. Une pente d’autant plus difficile à remonter que les phénomènes d’érosion s’aggravent. À trop guetter le ciel et ses météorites, en aurait-on oublié de regarder sous nos pieds? Nous avons longtemps sous-estimé l’importance de nos sols, patrimoine vital à notre survie. Pourtant, leur santé fragile actuelle a un impact direct sur la nôtre. Alors Docteur, quel est le diagnostic? Avant de pouvoir examiner les sols, il convient de savoir de quoi on parle. La pédologie décrit la formation des différents types de sols, en distinguant la couche arable et les couches sous-jacentes.Le sol présente naturellement plusieurs couches superposées en profondeur. Comme elles sont plus ou moins horizontales, on les appelle des « horizons » et on les nomme de haut en bas par les premières lettres de l’alphabet. C’est vrai, de quoi parle-t-on exactement? Un sol se compose d’une multitude d’organismes vivants (bactéries, vers de terre), de minéraux (sable, argile), de matières organiques mortes (feuilles, bois) et de gaz qui interagissent de manière complexe et rendent le sol « vivant ». Pour commencer, qu’est-ce qu’un sol en bonne santé? Animaux Bactéries Minéraux Végétaux C’est parce qu’un sol est habité par des êtres vivants comme les vers de terre, qu’il est fertile et donc capable d’apporter aux végétaux tousles éléments nécessaires à leur croissance, autrement dit qu’il se porte bien, qu’il est vivant. Marc-André Selosse,biologiste spécialisé en botanique et mycologie. On parle beaucoup des sols vivants de par leur activité microbienne (et c’est tant mieux), mais un sol vivant l’est aussi par les plantes. Il est aussi bien vivant dessous que dessus! Parler de sol vivant c’est donc aussi parler de sol couvert. « » Avant 2000, il n’existait aucun outil national de mesure de la qualité des sols. Depuis, le Groupement d’intérêt scientifique des sols (GIS SOL) a la charge de cette mission. et de carbone dans les modes dagriculture conventionnelle. 160 T C’est en partie lié à l’artificialisation des sols via l’urbanisation. Depuis 1961, la France a perdu de sa surface dédiée à l’agriculture. 17 % = 60 000 KM 2 (soit, l’équivalent de la région Grand Est) Urbanisation Les pratiques agricoles, maraîchères, horticoles, jardinières… favorisent-elles la vie des sols et leur fertilité? 1 m 2 nutriments, CO macrofaune Les prairies permanentes Les zones de cultures recycler CONSOMMER Un sol sain a des effets positifs sur la capacité de rétention de l’eau et des éléments nutritifs du sol, et donc améliore la production agricole. Comment ça marche? Toutes ces « attaques » permettent la libération des éléments minéraux que les plantes recyclent en les assimilant grâce à leurs racines. Plus il y a de nutriments, plus la croissance des plantes et leur rendement seront améliorés. ainsi, La façon dont on cultive le sol a une incidence sursa capacité de stockage. Voyons ce qui peut se passer avec une ferme de 200 hectares pendant 10 ans Aujourd’hui les sols sont en danger à travers le monde. Et la France n’est pas en reste.Comment en sommes -nous arrivés là? Selon l’INRAE, Marc-André Selosse Il faut prendre conscience de quelque chose de très important: l’échelle de la vie des sols c’est le siècle. Pour se constituer, un sol a besoin de plusieurs siècles. Nous en héritons. La question que nous nous posons aujourd’hui est de savoir ce que nous allons léguer aux futures générations et là est la question problématique. À notre échelle, nous ne pourrons pas rétablir les sols. Nous n’avons pas assez de recul sur ces questions-là. « » 40 % des terres émergées sont menacées de dégradation 25 % des sols sont victimes d’érosion -95 % de vers de terre par hectare depuis 1950 pour les sols travaillés ou bétonnés. Tout cela est préoccupant, mais qu’est-ce que cela signifie?Que ce dernier siècle a été particulièrement destructeur pour les sols. Les diverses activités humaines (de l’agriculture aux industries) ont appauvri les sols en matières organiques, en éléments minéraux, les ont transformés, pollués... Pourquoi est-il important de s’interroger sur la santé des sols? Tour d’horizon des bénéfices rendus par les sols: On a tendance à l’oublier un peu vite, mais nous devons beaucoup aux sols. Leur exploitation pour l’agriculture nous a par exemple permis de passer du statut de chasseur-cueilleur à celui d’espèce sédentaire. Certes, cela remonte au Néolithique (entre -6000 et -3000 av. J-C en Europe), mais les sols continuent de nous rendrede nombreux services au quotidien, bien que nous les ayons fortement dégradés à travers les siècles. Qui n’aime pas se balader en pleine nature? Elle est une source d’émerveillement constant. Les 500 espèces de fleurs représentées dans le Printemps de Botticelli en sont la preuve. La pratique du bain de forêt serait source de bienfaits, notamment pour renforcer le système immunitaire et réduire le stress. 2 à 3 x de tonnes de carbone organique sont contenues dans les sols du monde. 1 500 M ds En France, par ha et par an, les forêts stockent environ Ici, c’est un travail à la chaîne! La macrofaune (vers de terre et autres gros insectes de surface) consom-ment les mor-ceaux grossiers. Les champignons sécrètent desenzymes quidécomposentles matièresorganiquesles plus coriaces. Les bactéries s’attaquent auxliaisons des diverses molécules consti-tuant les matières organiques. Préserver les sols avec des pratiques agroécologiques, c’est s’assurer de ne pas finir nus et affamés dans un futur proche.
Des sols que l’on déshabilleEn hiver, nous sommes habitués à voir des champs nus. L’idée est de les laisser récupérer entre deux cultures. L’intention est louable, malheureusement, elle affame les sols qui ont besoin de végétal pour se nourrir. À terme, les végétaux qui y seront plantés n’auront donc pas des conditions optimales de fertilité. 2 couverts non-couverts plante pendant une période 0 alimentation pour la biodiversité (les organismes vivants) des sols 0 Chute de cette biodiversité pour cause de famine Fertilité très faible Peu d’aliments pour les semences au moment où elles sont plantées Nécessité de recourir aux engrais et autres intrants Plusieurs productions, utilisation du sol optimale, choix d’espèces de plus en plus large. Sol protégé et placé dans des conditions optimales... toute l’année. 1 seule production ... pendant 8 mois, pas de production et le sol se dégrade. 0 365 jours 0 365 jours Avec les connaissances actuelles du vivant, on sait donc que toute intervention sur les sols participe à les dégrader. Le problème c’est que plus on déstructure les sols et plus on a besoin de recourir à des engrais de tous types pourles maintenir en forme. À l’arrivée, on a des sols à bout de souffle et les agriculteurs sont les premiers à en payer le prix fort. Ici, le sujet mérite qu’on s’y arrête. D’autant que la plupart des sols en danger aujourd’hui sont sur des terrains agricoles. Pour comprendre les effetsde la dégradation de la santé des sols agricoles, jetonsun coup d’œil aux rendements.En France, par exemple,les rendements du blé se tassentà partir des années 90 aprèsune période de hausse fulgurante. L’agriculture Alors à quoi est-ce dû? en quintaux/ha 10 30 50 70 1928 1988 2018 1958 source: INSEE – France Agri-Mer DES SOLSFORESTIERS COUVERTS LES SOLS en AGRICulture conventionnelles’érodent 10 à 100 x plus que 1 200% 300% 100% 400% 1961 1990 2017 +144 % +185 % population mondiale rendements céréaliers (en kg/ha) production mondiale d’engrais minéraux. Une hausse d’autant plus importante au fur et à mesure que les sols étaient dégradés. +350 % Entre 1961 et 2017, la population mondiale et les rendements céréaliers ont considérablement augmenté. Pour parvenir rapidement à de tels résultats, nous avons dû faire usage de magie… euh, de chimie. Que l’on maltraite les sols et ceux qui les habitent, les résultats sont surtout néfastes pour nous. Problèmes, ces produits: Dans les années à venir, la population mondiale devrait continuer de croître et nos rendements ralentissent. Il est donc important de changer nos pratiques agricoles afin d’avoir de moins en moins besoin de la chimie et d’intrants. coûtent cher, pèsent sur les budgets des agriculteurs et sur les prix des denrées. Utilisés massivement, ils ne sont plus absorbés par les plantes et contaminent sols et eaux qui deviennent acides. Usage massif de produits chimiques 3 On fait bouger les choses aux plus hauts niveaux 7. On pousse pour la refonte de la Politique Agricole Commune (PAC) avec comme enjeu principal la rémunération des agriculteurs pour les bienfaits qu’ils apportent à l’environnement et à la lutte contre le changement climatique :fermes résilientes, dynamisme rural, stockage de carbone, production de biodiversité, ... Décrétée journée internationale des sols par l’ONU, le 5 décembre est l’occasion d’attirer l’attention sur ce qui se passe sous nos pieds. On en profite donc pour parler vers de terre et bactéries avec ceux qui pensent encore qu’ils sont nécessairement nuisibles. On célèbre les sols le 5 décembre 6. Avant de leur couper la tête, on s’inspire des méthodes du maraîchage sol vivant. En clair, on se rappelle que si elles sont là, c’est aussi parce que le sol leur convient, qu’elles peuvent servir de refuge à la biodiversité (les coccinelles adorent les orties où elles trouvent les pucerons), qu’elles participent à protéger nos sols de l’érosion et des aléas du climat et qu’elles peuvent être utiles pour détecter les maladies du sol (excès d’azote ou carence en calcium). On arrête de parler de « mauvaises herbes » 5. En tant que citoyen, on peut avoir l’impression d’avoir peu d’impact sur une question comme les sols ou l’agriculture. Bien au contraire, surtout si on a un petit lopin de terre! Comment savoir si notre sol est grouillant, vivant et structuré? On prend une petite motte de terre et on la plonge dans l’eau, car c’est avant tout visuel! On teste son sol 1. Des propositions apportées par l’association Pour une Agriculture du Vivant permettent un engagement que l’on soit agriculteur, intermédiaire ou consommateur de produits agricoles. Démarche unique en son genre, Pour une Agriculture du Vivant réunit un collectif d’acteurs de la chaîne agroalimentaire (agriculteurs, restaurateurs, distributeurs, territoires, ONG, fondations & structures de développement agricole) pour restaurer la confiance et agir collectivement.Pour pouvoir passer la transition agricole à l’échelle du pays, le mouvement agit en même temps sur: Dès qu’on le peut, on fait le choix de produits venus de productions où l’on a intégré des méthodes respectueuses des sols. Par nos achats, on soutient ceux qui s’engagent pour la bonne santé des sols. Attention, il ne s’agit pas nécessairement de produits labellisés! La gestion de la fertilité des sols n’est pas forcément intégrée dans les labels et chartes qualité. Alors, comment savoir? En allant à la rencontre des agriculteurs et en s’intéressant vraiment à leurs pratiques en faveur de la régénération des sols, de la biodiversité ou de la qualité nutritionnelle des produits. On devient un acteur engagé de la régénération des sols avec le mouvement Pour une Agriculture du Vivant 3. On questionne son assiette avec l’aide des agriculteurs: quel paysage reflète-t-elle? 4. Transmettre les techniques agricoles de pionniers de l’agroécologie. Créer des filières de distribution des produitsagroécologiques. Sensibiliser à l’urgence de préserver des sols vivants. Financer la transition agroécologique à grande échelle. Marc-André Selosse C’est parce que les sols sont labourés qu’ils subissent un trop faible apport en matière organique et en biomasse (vivante et microbienne). On envisage alors de les nourrir avec de l’azote et du phosphate chimiques. Sauf que plus c’est le cas, et plus on va renoncer à nourrir les sols de manière naturelle et on va labourer. Les problèmes sont donc interdépendants. « » Portée par des agriculteurs conscients de la lente détérioration de leur principal outil de travail, l’agroécologie a le vent en poupe. Mais qu’est-ce que c’est exactement? 3 définitions existent:Selon les mots de l’INRAE, il s’agit d’une pratique « visant à promouvoir des systèmes alimentaires viables respectueux des hommes et de leur environnement ». À la croisée entre l’agronomie et l’écologie, elle regroupe un ensemble de pratiques destinées à réduire l’impact environnemental de nos activités agricoles tout en s’appuyant sur les forces de la nature. Pour la FAO, l’agroécologie permettrait de faire face aux défis alimentaires du XXIe siècle en nous permettant de « Produire plus avec moins ». On se renseigne sur l’agroécologie et on en parle autour de soi 2. On couvre toujours les sols. Que l’on ait un champ de fraises ou deux pieds dans une jardinière, on garde les feuilles mortes pour apporter des aliments aux habitants des sols. On laisse faire la nature autant que possible. En d’autres termes, on ne travaille peu voire pas les sols et on limite de faitle recours à des engrais chimique grâce une fertilité des sols retrouvée. On diversifie les cultures. Et si on peut, on plante des arbres entre les cultures agricoles. Si on n’a qu’1 m 2  de jardin, on peut aussi privilégier les plantes qui se complètent et se renforcent. Les règles en sont simples: Pour l’associationPour une Agriculture du Vivant, l’agroécologie repose sur 3 principes agroéconomiques : des sols toujours couverts par du végétal, la limitation au maximum du travail du sol dès que c'est possible et le retour des arbres dans les systèmes agricoles (agroforesterie). Prenons le labour.Apparue avec l’agriculture, cette pratique nous paraîten être indissociable. Elle permet un travail de la terreen profondeur en l’ouvrant et en la retournant.Sauf qu’à chaque passage, en retournant des mottesde terre, on met sens dessus dessous ceux quiles habitent et on envoie valser l’équilibre des sols.Ces pratiques aggravent considérablement les phénomènes d’érosion. Dictionnaire d’agroécologie Dictionnaire d’agroécologie EN SAVOIR PLUS EN SAVOIR PLUS Une infographie réalisée en partenariat avec:Avec la participation de:Marc-André SelosseSources:Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture l Institut National de la Recherche Agronomique lFrance Nature Environnement l Chambre d’Agriculture du Nord-Pas de Calais l OPTV l ADEME lMinistère de l’agriculture et de l’alimentation l 4 pour 1000 l Galerie des Offices lPour une Agriculture du Vivant l MtaTerre l Vie-Publique l La Banque Mondiale l Dictionnaire d’Agroécologie l ScienceDirect
1 m 2 Si un sol peut être en bonne santé, il peut aussi être en petite forme? Pour être fixé, rien de tel que l’observation et les travaux pratiques. Comparons par exemple deux sols: Sachant cela, comment sait-on qu’un sol est en bonne santé? couche humifère A couche médiane B Pourquoi est-il important de s’inter-roger sur la santé des sols? Tour d’horizon des bénéfices rendus par les sols: On a tendance à l’oublier un peu vite, mais nous devons beaucoup aux sols. Leur exploitation pour l’agriculture nous a par exemple permis de passer du statut de chasseur-cueilleur à celui d’espèce sédentaire. Certes, cela remonte au Néolithique (entre -6000 et -3000 av. J-C en Europe), mais les sols continuent de nous rendre de nombreux services au quotidien, bien que nous les ayons fortement dégradés à travers les siècles. La fin du monde annoncée pour 2012 par les Mayas n’étant pas survenue, on pensait avoir le droit à quelques siècles de répit. C’était sans compter les rapports du Giec qui se multiplient pour nous rappeler la pente glissante sur laquelle l’humanité est engagée. Une pente d’autant plus difficile à remonter que les phénomènes d’érosion s’aggravent. À trop guetter le ciel et ses météorites, en aurait-on oublié de regarder sous nos pieds? Nous avons longtemps sous-estimé l’importance de nos sols, patrimoine vital à notre survie. Pourtant, leur santé fragile actuelle a un impact direct sur la nôtre. Alors Docteur, quel est le diagnostic? Avant de pouvoir examinerles sols, il convient de savoir de quoi on parle. La pédologie décrit la formation des différents types de sols, en distinguant la couche arable et les couches sous-jacentes.Le sol présente naturellement plusieurs couches superposées en profondeur. Comme elles sont plus ou moins horizontales, on les appelle des « horizons » et on les nomme de haut en bas par les premières lettres de l’alphabet. C’est vrai, dequoi parle-t-on exactement? Un sol se compose d’une multitude d’organismes vivants (bactéries, vers de terre), de minéraux (sable, argile),de matières organiquesmortes (feuilles,bois) et de gazqui interagissentde manièrecomplexe etrendent le sol« vivant ». Pour commencer, qu’est-ce qu’un sol en bonne santé? C’est parce qu’un sol est habité pardes êtres vivants comme les vers de terre, qu’il est fertile et donc capable d’apporter aux végétauxtous les éléments nécessaires àleur croissance, autrement dit qu’il se porte bien, qu’il est vivant. Pour bien manger, on regarde où on met les pieds Les débris végétaux s'étalent sur le sol, forment des litières (couches de matières orga-niques fraîches) qui se dé-composent au fil du temps plus ou moins rapidement selon la zone climatique et se transforment en humus sous l’action des organismes et mi-cro-organismes vivants dans le sol: bactéries, champi-gnons, acariens, vers de terre, mulots, taupes, etc. UNE forêt Sans haie en pourtour ou arbre au milieu, régulièrement labouré, le sol est compact, craquelé, sans structure. Il n’y a aucune vie biolo-gique apparente: pas de vers de terre, d’oiseaux, d’insectes, rien! UN CHAMP nu de la biodiver- sité mondiale serait contenue dans les sols. 1/4 non On peut considérerqu’il y a urgence à agir, soit à adapter nos pratiques et à faire une agriculture qui préserve la biodiversité et l’environnement. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que le sol est l’un des écosystèmes les plus complexes etl’un des habitats les plus diversifiés sur Terre. Il abrite l’une des plus fortes concentrations d’orga-nismes vivants. En bon état,un sol contient une population de vers de terre par m2. 200 à 400 Avant 2000, il n’existait aucun outil national de mesurede la qualité des sols. Depuis, le Groupe-ment d’intérêt scienti-fique des sols (GIS SOL) a la chargede cette mission. Un sol en bonne santé est fertile, capable de nourrir les plantes qui nous nourrissent. Une alimen-tation saine 1 de notre alimentation provient des sols 95 % de la mer 5 % Ici, c’est un travail à la chaîne! La macrofaune (vers de terre et autres gros insectes de surface) consomme lesmorceaux grossiers. Les champignons sécrètent des enzymes qui décom-posent les matières orga-niques les plus coriaces. Les bactéries s’attaquent aux liaisons des diversesmolécules constituantles matières organiques. macrofaune bactéries champignons CONSOMMER recycler Toutes ces « attaques » permettent la libérationdes éléments minérauxque les plantes recyclent enles assimilant grâce à leurs racines. Plus il y a de nutri-ments, plus la croissancedes plantes et leur rende-ment seront améliorés. nutriments, CO₂ produire Animaux Minéraux Végétaux Bactéries transition avec la rochesous-jacente. C Marc-André Selosse, biologiste spécialisé en botanique et mycologie. On parle beaucoup des sols vivants de par leur activité microbienne (et c’est tant mieux), mais un sol vivant l’est aussi par les plantes. Il est aussi bien vivant dessous que dessus! Parler de sol vivant c’est donc aussi parler de sol couvert. « » Plus largement, l’observation doit se passer sur 2 niveaux. D’abord en surface, puis dansles sols. En tant que jardinieren herbe ou gastronome averti,la bonne question à se poser est: Les pratiques agricoles, maraîchères, horticoles, jardinières… favorisent-elles la vie des sols et leur fertilité  ? oui On devrait observer un sol grouillant, habité. Un sol sain a des effets positifs sur la capacité de rétention de l’eau et des éléments nutritifs du sol, et donc améliore la production agricole. Comment ça marche? Les arbres et les plantesproduisent de la matière orga-nique (feuilles, bois) qui vientse déposer sur le sol. Préserver les sols avec des pratiques agroécologiques, c’est s’assurer de ne pas finir nus et affamés dans un futur proche.
Amélioration de la qualitéde l’eau 2 Réservoir de biodiversité 3 Luttecontre le dérèglementclimatique 4 Dans les sols vivants et structurés, l’eau est filtrée et stockée. Certains micro-organismes dégradent les polluants et participent à ce que l’eau que l’on boit soit de meilleure qualité. Perturber leur habitat,c’est donc risquer de devoir dire:« Fontaine, je ne peux plus boire de ton eau. » Eau filtrée Nappes phréatiques Eau de pluie macrofaune Le sol est un puits sans fond de nouvelles connaissances. Selon la FAO, il existe plus d’organismes vivants dans une cuillère à soupe de sol sain que de personnes sur Terre. Pour le moment, nous ne connaissons que: des invertébrés 80 % des champignons 1 % des acariens 4 % Grâce à l’absorption de CO₂ par les végétaux qui les couvrent, les sols jouent un rôle important dans la régulation du climat.Ils constituent une réserve considérable de carbone sous forme de matières organiques. Marc-André Selosse On ne connaît pas encore toute l’étendue de la richesse microbiennedes sols. Si nous avonsdéjà su en puiser des ressources incroyables comme la pénicilline,qui sait quels usages nous pourrons en extraire demain! « »
2020 Ce sont 1 260 T contre de carbone dans les modes da griculture conventionnelle. 160 T La façon dont on cultive le sol a une incidence sur sa capacité de stockage. Voyons ce qui peut se passer avec une ferme de 200 hectares pendant 10 ans de carbone qui sont stockées en moyenne pour les sols cultivés en agrcologie, en maximisant la production de biomasse. 1959 1 500 M ds plus de carbone sont contenus dans les solsque dans l’atmosphère. ainsi, de tonnes de carboneorganique sont contenuesdans les sols du monde. 2 à 3 x de carbone 78 T Les prairies permanentes Les zones de cultures de carbone 50 T En France, par ha et par an, les forêts stockent environ de carbone 81 T D’où l’importance de sols que l’on doit préserver à tout prix par l’améliorationde nos pratiques agricoles et une couverture végétalela plus intense possible! La France est notamment engagée dans l’initiative« 4 pour 1 000 »qui vise à accroîtrela teneur en matière organique des sols et la séquestration du carbone à travers des pratiques agricoles adaptées. Des sols contre l’érosion ou les inondationsSous l’effet du travail des organismes qui l’habitent, les sols s’aèrent et s’agrègent. Certains champignons, les mycorhizes, produisent une sorte de « colle » qui permet au sol de se tenir, limitant ainsi les phénomènes d’érosion. Aérés par ceux qui le peuplent, comme les vers de terre, les sols sont aussi mieux armés pour absorber les pluies ou les eaux. À l’inverse, un seul coup de charrue et tout est dépeuplé. Autrement dit, la technique de labourage des sols détruit la vie sur son passage et donc en accélère l’érosion. Reconnexion au vivant 5 Qui n’aime pas se balader en pleine nature? Elle est une source d’émerveillement constant.Les 500 espèces de fleurs représentées dans le Printempsde Botticelli en sont la preuve.La pratique du bain de forêt serait source de bienfaits, notamment pour renforcer le système immunitaire et réduire le stress. Aujourd’hui les sols sont en danger à travers le monde. Et la France n’est pas en reste. Comment en sommes -nous arrivés là? Selon l’INRAE, des terres émergées sont mena-cées de dégradation 40 % de vers de terrepar hectare depuis 1950 pour les sols travaillés ou bétonnés. - 95 % des sols sont victimes d’érosion 25 % Marc-André Selosse Il faut prendre conscience de quelque chose de très important: l’échelle de la vie des sols c’est le siècle. Pour se constituer, un sola besoin de plusieurs siècles. Nous en héritons. La question que nous nous posons aujourd’hui est de savoir ce que nous allons léguer aux futures générations et là est la question problématique.À notre échelle, nous ne pourrons pas rétablir les sols. Nous n’avons pas assez de recul sur ces questions-là. « » Tout cela est préoccupant,mais qu’est-ce que cela signifie? Que ce dernier siècle a été particulièrement destructeur pour les sols. Les diverses activités humaines (de l’agriculture aux industries) ont appauvri les sols en matières organiques, en éléments minéraux, les ont transformés, pollués... C’est enpartie lié à l’artificialisation des sols via l’urbanisation. Depuis 1961, la France a perdu de sa surface dédiée à l’agriculture. 17 % = 60 000 KM 2 (soit, l’équivalent de la région Grand Est) Urbanisation La circulation automobile, les bassins miniers ou industriels peuvent, par exemple, participer à accroître les taux de plomb dans les sols, modifiant durablement leur structure. L’épandage de déchets des zones où les réglementations sont peu contraignantes peut contaminer les sols durablement. Plus largement, toutes nos activités humaines
Prenons le labour. 1 Alors à quoi est-ce dû? en quintaux/ha 10 30 50 70 source: INSEE – France Agri-Mer L’agriculture Ici, le sujet mérite qu’on s’y arrête. D’autant que la plupart des sols en danger aujourd’hui sont sur des terrains agricoles. Pour comprendre les effetsde la dégradation de la santé des sols agricoles, jetonsun coup d’œil aux rendements.En France, par exemple,les rendements du blé se tassentà partir des années 90 aprèsune période de hausse fulgurante. Apparue avec l’agriculture,cette pratique nous paraît enêtre indissociable. Elle permet un travail de la terre en profondeur en l’ouvrant et en la retournant.Sauf qu’à chaque passage, en retournant des mottes de terre, on met sens dessus dessous ceux quiles habitent et on envoie valser l’équilibre des sols.Ces pratiques aggravent considérablement les phénomènes d’érosion. 1928 2018 1973 LES SOLS en AGRICulture convention-nelle s’érodent 10 à 100 x plus que DES SOLSFORESTIERS COUVERTS Des sols que l’on déshabille 2 En hiver, nous sommes habitués à voir des champs nus. L’idée est de les laisser récupérer entre deux cultures. L’intention est louable, malheureusement, elle affame les sols qui ont besoin de végétal pour se nourrir. À terme, les végétaux qui y seront plantés n’auront donc pas des conditions optimales de fertilité. couverts Plusieurs productions, utilisation du sol optimale, choix d’espèces de plus en plus large. Sol protégé et placé dans des conditions optimales... toute l’année. non-couverts 0 365 jours ... pendant 8 mois, pas de production et le sol se dégrade. 1 seuleproduction plante pendant une période 0 alimentation pour la bio- diversité (les organismes vivants) des sols 0 Chute de cette biodiversité pour cause de famine Fertilité très faible Peu d’aliments pour les semences au moment où elles sont plantées Nécessité de recourir auxengrais et autres intrants Avec les connaissances actuelles du vivant, on sait donc que toute intervention sur les sols participe à les dégrader. Le problème c’est que plus on déstructure les sols et plus on a besoin de recourir à des engrais de tous types pourles maintenir en forme. À l’arrivée, on a des sols à bout de souffle et les agriculteurs sont les premiers à en payer le prix fort. 0 365 jours
On pousse pour la refonte de la Politique Agricole Commune (PAC) avec comme enjeu principal la rémunération des agriculteurs pour les bienfaits qu’ils apportent à l’environnement et à la lutte contre le changement climatique: fermes résilientes, dynamisme rural, stockage de carbone, production de biodiversité, ... Avant de leur couper la tête,on s’inspire des méthodes du maraîchage sol vivant. En clair,on se rappelle que si elles sont là, c’est aussi parce que le sol leur convient, qu’elles peuvent servir de refuge à la biodiversité (les coccinelles adorent les orties où elles trouvent les pucerons), qu’elles participent à protéger nos sols de l’érosion et des aléas du climat et qu’elles peuvent être utiles pour détecter les maladies du sol (excès d’azote ou carence en calcium). Pour l’associationPour une Agriculture du Vivant, l’agro-écologie reposesur 3 principes agroéconomiques : des sols toujours couverts par du végétal, la limitation au maximum du travail du sol dès que c'est possible et le retour des arbres dans les systèmes agricoles (agroforesterie). Usage massif de produits chimiques 3 Entre 1961 et 2017, la population mondiale et les rendements céréaliers ont considérablement augmenté. Pour parvenir rapidement à de tels résultats, nous avons dû faire usage de magie… euh, de chimie. +144 % population mondiale +185 % rendements céréaliers (en kg/ha) production mondiale d’engrais minéraux. Une hausse d’autant plus importante au fur et à mesure que les sols étaient dégradés. +350 % 1961 1990 2017 300% 400% Problèmes, ces produits: coûtent cher, pèsent sur les budgets des agriculteurs et sur les prix des denrées. Utilisés massive-ment, ils ne sont plus absorbéspar les plantes et contaminent solset eaux qui deviennent acides. Dans les années à venir, la population mondiale devrait continuer de croître et nos rendements ralentissent. Il est donc important de changer nos pratiques agricoles afin d’avoir de moins en moins besoin de la chimie et d’intrants. Que l’on maltraite les sols et ceux qui les habitent, les résultats sont surtout néfastes pour nous. En tant que citoyen, on peut avoir l’impression d’avoir peu d’impact sur une question comme les sols ou l’agriculture. Bien au contraire, surtout si on a un petit lopin de terre! Comment savoir si notre sol est grouillant, vivant et structuré? On prend une petite motte de terre et on la plonge dans l’eau, car c’est avant tout visuel! On teste son sol 1. On se renseigne surl’agroécolo-gie et on en parle autour de soi 2. On devient un acteur engagé de la régénération des sols avec le mouvementPour uneAgriculture du Vivant 3. On ques-tionne son assiette avec l’aide des agriculteurs: quel paysage reflète- t-elle ? 4. On arrêtede parler de « mauvaises herbes » 5. Portée par des agriculteurs conscients de la lente détério-ration de leur principal outil de travail, l’agroécologie a le venten poupe. Mais qu’est-ce quec’est exactement? 3 définitions existent:Selon les mots de l’INRAE,il s’agit d’une pratique « visantà promouvoir des systèmes alimentaires viables respectueux des hommes et de leur environnement ». À la croisée entre l’agronomie et l’écologie, elle regroupe un ensemble de pratiques destinées à réduire l’impact environnementalde nos activités agricoles touten s’appuyant sur les forces dela nature. Pour la FAO, l’agroécologie permettrait de faire face aux défis alimentaires du XXIe siècle en nous permettant de « Produire plus avec moins ». Les règles en sont simples: Des propositions apportées par l’association Pour une Agriculture du Vivant permettent un engagement que l’on soit agriculteur, intermédiaire ou consommateur de produits agricoles. Démarche unique en son genre, Pour une Agriculture du Vivant réunit un collectif d’acteurs dela chaîne agroalimentaire (agriculteurs, restaurateurs, distributeurs, territoires, ONG, fondations & structures de développement agricole) pour restaurer la confiance et agir collectivement.Pour pouvoir passer la transition agricole à l’échelle du pays, le mouvement agit en même temps sur: Transmettre les techniques agricoles de pionniers de l’agroécologie. Créer des filièresde distributiondes produits agroécologiques. Sensibiliser à l’urgence de préserver des sols vivants. Financer la transition agroécologique à grande échelle. Dès qu’on le peut, on fait le choix de produits venus de productions où l’on a intégré des méthodes respectueuses des sols. Par nos achats, on soutient ceux qui s’engagent pour la bonne santé des sols. Attention, il ne s’agit pas nécessairement de produits labellisés! La gestion de la fertilité des sols n’est pas forcément intégrée dans les labels et chartes qualité. Alors, comment savoir? En allant à la rencontre des agriculteurs et en s’intéressant vraiment à leurs pratiques en faveur de la régénération des sols, de la biodiversité ou de la qualité nutritionnelle des produits. On célèbre les sols le 5 décembre 6. On fait bouger les choses aux plus hauts niveaux 7. Décrétée journée internationale des sols par l’ONU, le 5 décembre est l’occasion d’attirer l’attention sur ce qui se passe sous nos pieds. On en profite donc pour parler vers de terre et bactéries avec ceux qui pensent encore qu’ils sont nécessairement nuisibles. Marc-André Selosse C’est parce que les sols sont labourés qu’ils subissent un trop faible apport en matière organique et en biomasse (vivante et microbienne). On envisage alors de les nourrir avec de l’azote et du phosphate chimiques. Sauf que plus c’est le cas, et plus on va renoncerà nourrir les sols de manière naturelleet on va labourer.Les problèmes sont donc interdépendants. « » On laisse faire la nature autant que possible. En d’autres termes, on ne travaille peu voire pas les sols et on limite de fait le recours à des engrais chimique grâce une fertilité des sols retrouvée. On diversifie les cultures. Et si on peut, on plante des arbres entre les cultures agricoles. Si on n’a qu’1 m 2  de jardin, on peut aussi privilégier les plantes qui se complètent et se renforcent. On couvre toujours les sols.Que l’on ait un champ de fraises ou deux pieds dans une jardinière, on garde les feuilles mortespour apporter des alimentsaux habitants des sols. Dictionnaired’agroécologie EN SAVOIR PLUS Une infographie réaliséeen partenariat avec:Avec la participation de:Marc-André SelosseSources:Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture l Institut National de la Recherche Agronomique l France NatureEnvironnement l Chambred’Agriculture du Nord-Pasde Calais l OPTV l ADEME lMinistère de l’agriculture et de l’alimentation l 4 pour 1000 lGalerie des Offices l Pour une Agriculture du Vivant l MtaTerre l Vie-Publique lLa Banque Mondiale lDictionnaire d’Agroécologie ScienceDirect