Manuel de survie des fêtes de fin d'année à l'usage des végétariens

NOËL VÉGÉTARIEN
Manuel de survie des fêtes de fin d'année à l'usage des végétariens sur Qu'est-ce qu'on fait
Convier un végétarien à un repas de Noël, c'est un peu comme proposer un apéro à une chèvre dans l'enclos d'un tyrannosaure Rex. Un non-sens, une provocation, un suicide. D'une certaine façon, on pourrait même dire que Noël est la fête de tous les gens qui n'aiment pas les végétariens, un jour rien que pour eux, durant lequel il leur est permis de s'empiffrer de viande sans honte et de jeter des regards torves de caméléon à ceux qui n'en font pas autant.

En tant que végétarien, vous faites contre mauvaise fortune bon coeur, vous ne boycottez pas, vous venez, vous souffrez en silence, digne comme un animal. Vous ruminez vos feuilles de batavia lentement pendant tout le repas, que vous agrémentez d'un peu de pain mou, d'avocats et de marrons. Sous vos yeux, un foie gras dégueulasse passe de main en main et une pintade sèche est dépiautée maladroitement. Un oncle ronge une cuisse et aboie en expectorant de la sauce quelques clichés sur Aymeric Caron, les antispécistes et "la secte vegan bobo parisienne". Notre premier conseil : recroquevillez-vous dans votre carapace ! La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe.

Mais depuis quelques années, les choses bougent, vous n'êtes plus tout à fait seul à table. Votre petit cousin de 15 ans refuse de manger de la viande désormais, car il a vu une caméra cachée réalisée par L214 sur le gavage des oies, qu'il ne se prive pas de montrer aux convives durant le repas. Mamie Jacqueline s'arrête soudain de caqueter et manque de s'étouffer en voyant les pauvres volatiles se vomir dessus. Elle ajoute toutefois : "C'est bien beau tout ça, mais on mange quoi à la place du foie gras, hein ?" Deuxième conseil, soyez rusé, préparez une terrine végétale à base de pois chiches ou une mousse vegan aux champignons avant de venir. Glissez-les au milieu des blocs de foie gras sans prévenir et à la fin du dîner, demandez aux invités s'ils ont fait la différence. "Du tofu, on m'a fait manger du tofu !" brame votre oncle au fond des toilettes.

Enfin, sortez les griffes et plantez la dernière banderille dans le dos des carnivores de la famille : attaquez-les au porte-monnaie ! La viande, ça coûte cher, très cher. 25 euros le kilo de rumsteak, 36 euros le kilo de côte de boeuf, 20 euros le kilo de filet mignon de porc... Quand on voit le prix de l'essence qui augmente, on se dit qu'il vaut mieux sacrifier sa bavette pour faire le plein. A ces mots, votre père grimace comme un singe, si bien qu'il en laisse tomber sa fourchette. Vous pouvez roucouler de bonheur, l'année prochaine, vous mangerez des lentilles à Noël.

  • On aiguise ses armes et ses arguments pour faire face au tonton carnivore défenseur de l'omnivorisme en lisant :
    • Le livre de l'astrophysicien spécialiste des trous noirs et défenseur des animaux Aurélien Barrau L'animal est-il un homme comme les autres ? écrit avec Louis Schweitzer. Dans ce livre, ils tentent de répondre aux questions essentielles que pose notre rapport aux animaux : Quelle est la nature de l'intelligence animale ? Qu'est-ce que l'anti-spécisme ? Peut-on se passer des produits animaux ? Comment adapter nos modes de vie ? Quel serait un droit des animaux ? Pourquoi s'occuper des animaux alors que tant d'hommes souffrent sur la Terre ? Des questions essentielles auxquelles vous serez sûrement confrontées pendant les festivités. 
    • On peut aussi suivre la page twitter d'Aurélien Barrau, il écrit régulièrement sur le sujet. 
    • On peut dévorer le très beau livre de Jonathan Safran Foer Faut-il manger des animaux. Cet ouvrage "hybride", selon sa propre expression, est l'essai d'un écrivain non spécialiste, qui s'est senti concerné par un problème banal et très largement ignoré : Avons-nous le droit de faire souffrir et mourir des êtres vivants pour notre plaisir collectif, alors que notre survie n'est pas en jeu ? Pouvons-nous sans "honte" supporter la cruauté, mais aussi les problèmes sanitaires qu'engendre une recherche de productivité (et donc de profit) frénétique ? L'intention de Foer n'est pas de convertir la terre entière au végétarisme (qu'il pratique lui-même) ni d'édicter des règles intangibles, mais d'attirer l'attention sur cette question. 
  • On peut plomber l'ambiance et faire culpabiliser tout le monde à table en organisant après diner une petite projection en famille du best of 2018 des vidéos de L214 
  • On peut reprendre le contrôle du menu en préparant le diner de Noël soi-même :
    • On peut tenter de remplacer le foie gras par du "Faux gras" : d’apparence on y verra pas la différence ! Et puis, c’est moins cher !  La marque d’épicerie sèche et bio Priméal nous donne même une recette pour le réaliser soi-même.
  • Et puis, si vous avez affaire à un public familial encore très réticent sur votre régime alimentaire, vous pouvez toujours les faire digérer devant une de nos infographies, comme celle sur les œufs, la viande ou encore les poissons !
Emmanuel Chirache
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